Le roman d'aventure - Jacques Rivière

L’aventure du roman

Figure centrale de la NRF au début du siècle, Jacques Rivière est toujours resté dans l’ombre des écrivains qu’il a su révéler : correspondant privilégié d’André Gide, d’Alain-Fournier, d’Antonin Artaud et de Marcel Proust, il est à la fois éditeur, critique littéraire, lecteur passionné et écrivain. Avec cette nouvelle édition du Roman d’aventure, voilà de quoi rendre justice à la justesse de ses vues, à la puissance maîtrisée de son style et à l’audace assurée de ses jugements.

En 1913, quel est l’avenir de la littérature ? Quelles mouvances littéraires vont pouvoir illustrer ce subtil changement d’atmosphère, ce mystérieux rajeunissement qui se fait sentir un peu partout, qui nous dit que la littérature passée est désormais dépassée ? C’est cette interrogation qui nourrit la réflexion de Jacques Rivière, dans un essai aussi court que pertinent. Au milieu de tous les courants, de toutes les orientations possibles de la littérature, une voix s’élève soudain, claire et lucide, pour épeler en toutes lettres les prochaines caractéristiques du roman. Diagnostiquant sans complaisance l’épuisement du symbolisme, son enfermement dans un maniérisme outré, dans un monde de chimères mentales, l’auteur tente ensuite de définir l’orientation nouvelle des goûts littéraires. A rebours d’une poésie impressionniste se complaisant dans les émotions abstraites, le roman d’aventure s’attachera aux mouvements concrets de l’âme, des personnages. Au lieu du flou artistique, le travail du détail et l’achèvement de toutes les virtualités de l’imagination. Contre la tentative d’enfermer pour l’éternité quelques états d’âme surfaits, la volonté de faire sentir l’imminence et la nouveauté des moindres événements. Plutôt que des poèmes exsangues, seulement revivifiés par les lectures et commentaires, des oeuvres déjà vives et qui nous comblent de leur propre plénitude.

Délivrer l’avenir

L’analyse de Rivière est lente et sûre : saisissant au vif l’émergence des aspirations qui rendent nécessaire ce nouveau genre, il nous donne à sentir son inéluctable avènement. Grand admirateur de Stevenson et de Dostoïevski, Rivière s’inspire certes du roman étranger pour étayer sa prophétie ; mais ses anticipations restent exceptionnelles en ce qu’elles esquissent aussi la singularité d’un roman d’aventure français, où le classicisme de la forme sait côtoyer les vues psychologiques les plus fines, où la profusion des sentiments ne tourne jamais à la confusion des états d’âme. 1913 est aussi l’année où Proust fait paraître Du côté de chez Swan à compte d’auteur, illustrant sans le savoir les propos de Rivière : autopsie cruelle d’un siècle finissant et qui n’en finit pas de ressasser les mêmes rengaines, regard neuf vers un siècle qui s’éveille, regard pour qui le détail est parfois l’essentiel. Non pas une somme de péripéties mentales juxtaposées, mais une aventure psychologique dans laquelle aucun dé n’est d’avance jeté. Tous les sentiments possibles y sont capturés, enveloppés dans les phrases, actualisés dans l’expression : jamais ils ne sont cependant étouffés, jamais ils ne perdent l’éclat invisible de leur nouveauté.

De source sûre

Il est toutefois regretable que cet essai soit accompagné d’une postface restée à l’état d’ébauche : on y découvre un mélange bancal de circonstances historiques, de portrait psychologique, de biographie anecdotique, agrémenté de quelques analyses de contenu sans grande portée. Un éloge dont la ferveur ne suffit pas à éclairer le texte mieux que ne le fait Rivière lui-même.

Une longue évocation de son amitié avec Alain-Fournier permet certes d’apprécier combien se ressemblent la personnalité de l’essayiste et le roman d’aventure tel qu’il le décrit : sensibilité sans cesse analysée par l’intelligence, profondeur des sentiments toujours accessible à la lumière diffuse de la réflexion, classicisme qui reste ouvert aux tentatives de la modernité. Bien sûr, le rappel des interrogations religieuses de Rivière éclaire l’exigence esthétique de « pureté » qui retentit plusieurs fois dans le texte, écho discret de ses penchants au mysticisme. Mais rien qui ne puisse égaler le style limpide de Rivière, la pertinence de ses digressions, sa lucidité de haut vol. Rien qui ne prolonge véritablement l’élan de cet essai, la force avec laquelle il nous engage à vivre pleinement l’aventure du roman.

Prométhée, Faust, Frankenstein - Dominique Lecourt

Mythes de l’imitation divine

Prométhée, Faust, Frankenstein: trois figures qui hantent l’imaginaire populaire et dont Dominique Lecourt fait ici la généalogie. Ce qu’ont en commun ces trois figures, c’est le pouvoir de représenter chacune une attitude face à l’entreprise technique et scientifique: du défi au renoncement, de l’activité créatrice aux dangers qu’elle implique, il s’agit chaque fois de faire face à une situation dans laquelle un tabou risque d’être transgressé.

Aussi l’auteur parcourt-il tous ces mythes dans leurs plus infimes variations, dans le seul but de répondre à cette question décisive: existe-t-il pour nous des directions que l’exploration scientifique et technologique ne devrait pas prendre, des perspectives qu’elle devrait une fois pour toutes s’interdire?

Errances mythologiques

Il est bien sûr difficile de mesurer l’influence de tous ces mythes: rien que pour Prométhée, nous disposons pêle-mêle des textes d’Hésiode et d’Eschyle, de la vulgate romaine insistant sur le Prométhée créateur des hommes, des remarques de Shelley et du jeune Marx, etc; puisque ce mythe s’enracine dans les temps les plus reculés de l’imaginaire humain, chacun peut se le réapproprier et lui faire incarner les nouveaux défis (aussi bien techniques qu’idéologiques) de son époque.

Pour Faust, le cas est encore plus complexe, puisque les différentes versions que l’on propose pour son histoire - les deux versions clef étant celles de Christopher Marlowe dès 1587 et celle devenue canonique de Goethe, dont le “premier Faust paraît en 1808 - sont censées s’appuyer sur un personnage ayant réellement existé. Au pathos du personnage de fiction s’ajoute donc l’idée que cette fiction a pu autrefois se mêler à la réalité.

Concernant enfin Frankenstein, nous disposons bien sûr du texte fondateur de Marie Shelley. Mais le sous-titre de ce récit (“le Prométhée moderne”) ainsi que les circonstances de sa naissance laissent libre cours à toute une série d’interprétations diverses, jusqu’à ce que ces différentes manières de lire le récit finissent par former par-dessus le texte original toute une épaisseur quasi mythologique. Epaisseur que viendront encore recouvrir les oeuvres cinématographiques, gravant notamment dans toutes les mémoires le visage horrible de Boris Karloff. N’est-il pas significatif que la plupart d’entre nous finissions par confondre sous le nom de “Frankenstein” le créateur et la créature?

Pour rajouter encore à la complexité de l’enchevêtrement de ces trois mythes, rappelons simplement les légendes de l’apprenti sorcier et du Golem, légendes qui viennent toutes les deux donner quelques fois une inflexion nouvelle à l’interprétation de nos figures mythologiques.

Voler le feu sacré…

Ces mythes finissent donc par s’imiter les uns les autres, formant comme une immense caisse de résonance: à l’intérieur, rien d’autre que l’écho inlassablement répété des questions que nous nous posons sur le destin de la technique et de la science, sur la responsabilité de l’homme dans ses émancipations scientifiques. Car non seulement ces mythes s’imitent entre eux, mais ils sont de plus tous fondés sur l’imitation des pouvoirs divins dans le rapport de l’homme à la nature. De même que Dieu fait l’homme à son image, Frankenstein fera l’homme à son image; Faust tentera d’accéder en homme à une félicité dont seul Dieu est supposé jouir éternellement; Prométhée ne fait pas que délivrer les hommes de l’ignorance, il leur livre le pouvoir divin de la manipulation du feu, pouvoir rendant enfin possible toutes les entreprises techniques permettant de créer.

… de nos propres ailes?

Mais ce qui était autrefois de l’ordre du mythe devient aujourd’hui plus tangible, et nous possédons véritablement des pouvoirs sur la vie que nous avions toujours attribués à l’intervention divine. Or, devant la peur qui se manifeste aujourd’hui au sujet d’un éventuel “Hiroshima biologique”, devant les avancées apparemment incontrôlables d’une technologie dirigée par l’économie, devant les multiples accusations dont la science est victime au nom d’une éthique du sens commun, la relecture de ces mythes est très utile: non seulement elle nous permet de mieux comprendre notre rapport actuel au progrès scientifique (même si le livre passe un peu vite sur ce sujet), mais elle permet en plus de nous rappeler que c’est bien la lucidité qui devrait chaque fois l’emporter sur nos peurs irrationnelles, au moins lorsqu’il s’agit de la “science”. Message que Dominique Lecourt fait passer avec une belle érudition et une vigueur appréciable.

Les prisons de la misère - Loïc Wacquant

Le raid américain

Voici un essai explosif, un pavé lancé dans la marre du néo-libéralisme euphorique. En explorant les rouages du système carcéral des Etats-Unis et les modes de pensée qui introduisent la légitimation internationale de la « tolérance zéro », ce texte polémique va à l’encontre de toute démagogie, de tout laxisme intellectuel. Car derrière les fausses idées qui étayent l’idéologie du tout-répressif, il y a de vraies victimes.

Tout le monde a entendu parler des exploits de la mairie de New York et du taux exceptionnellement bas de criminalité dans cette ville, autrefois réputée pour son insécurité. Cette baisse a été immédiatement assimilée à la théorie de la tolérance-zéro, si toutefois on peut donner le nom de « théorie » à une technique policière. À partir de cet exemple, souvent trop vite analysé, une véritable campagne publicitaire a été lancée pour exporter la théorie de la tolérance-zéro, expression qui ne veut pas bien dire ce qu’elle veut dire, puisqu’on pourrait appeler ça plus rapidement “intolérance”. Plutôt qu’une méthode rationnelle pour aborder le problème de la délinquance et de la criminalité, la théorie de la tolérance-zéro est une manière de parler aux instincts populaires, une démarche démagogique visant à répondre au besoin d’insécurité plutôt qu’à l’insécurité elle-même. Un véritable engrenage s’est enclenché dans les esprits : nous sommes de plus en plus préparés à l’idée qu’il est nécessaire que l’Etat pénal remplace peu à peu l’Etat social. Nécessaire, c’est à dire souhaitable pour les uns, inéluctable pour les autres. Or, pour les uns comme pour les autres, c’est le même aveuglement qui fait parler la peur au lieu de la raison.

La répression a bonne presse

Adieu l’idée reçue selon laquelle la gauche parle au coeur quand la droite parle au porte-monnaie. Aujourd’hui, tandis que la droite parle à cette passion persistante de l’argent, la gauche prétend d’abord parler à la raison, notamment à cette “raison” populaire faite de bon sens social et de crispations morales. Fini de dire que les conditions sociales ont part aux causes d’un crime: la mode est aujourd’hui de dire que la cause du crime c’est… le criminel, rien que le criminel, mais le criminel tout entier. Il faut donc l’enfermer entièrement. L’ouvrage fait le point de manière très édifiante - et souvent tristement déconcertante - sur la manière dont le discours répressif s’infiltre dans toutes sortes de milieux (politiques, universitaires, populaires), et à toutes les échelles imaginables (du ministre de l’Intérieur aux parents d’élèves).

La grande peur des dépensants

Désinformés sur la réalité des procédures pénales aux Etats-Unis, les gouvernements européens fantasment sur des statistiques mal interprétées. Ainsi, on oublie facilement que le faible taux de chômage aux Etats-Unis est lié à la politique du « workfare », politique contraignant les couches sociales les plus défavorisées à des travaux sous-payés. De même, les travaux forcés des prisonniers évitent de comptabiliser comme “chômeurs” toute une population pourtant inadaptée aux conditions normales de travail. Sous couvert de pragmatisme, les gouvernements européens cautionnent donc tacitement des analogies périlleuses entre les phénomènes américains de guetto, et les regroupements ethniques de quartier. Mais au milieu de tous ces amalgames, reste constante la volonté de rassurer le consommateur et de rendre la misère invisible. Un raisonnement simpliste va de l’impossible éradication de la pauvreté au nécessaire camouflage de la misère, en passant par l’équation douteuse: pauvreté = délinquance. Le tout pour éviter la grande peur des dépensants.

Le Nouveau Monde immonde

Le livre s’étend largement sur l’exemple des Etats-Unis, car c’est de là que partent toutes les illusions. Il met en relief les failles et les dangers d’un système qui privatise à outrance l’« industrie » de la prison, qui fait proliférer la « prison à but lucratif », la collaboration des différents fichiers d’information, quadrillage très serré d’une population dont les méfaits n’atteignent pas toujours le niveau du délit. Si l’on ajoute à cela la violence ouverte des troupes de police, le racisme honteux et larvé qui y couve tranquillement, l’injustice pénale et judiciaire dont sont victimes les populations noires, on entrevoit le cauchemar que dissimule le rêve américain. Parallèlement émerge une forme de discours de plus en plus répandue: il faut faire la « guerre » à la criminalité, partir en « croisade » contre la délinquance morale. Outre la toile de fond religieuse qui soutient ce genre de rhétorique agressive, celle-ci sous-entend par principe que tous les moyens sont bons, qu’il vaut mieux prendre le risque de rompre les liens sociaux que d’empêcher un instant la machine néo-libérale de tourner. Ainsi, la pénitenciaire est devenue le troisième employeur du pays, et « s’il était une ville, le système carcéral des Etats-Unis serait aujourd’hui la quatrième métropole de monde. » (p.72).

Enfermer l’exclusion ou exclure l’enfermement ?

L’Europe n’en est pas encore à remplacer l’Etat-social par l’Etat-pénal ; elle aurait plutôt tendance, au moins en ce qui concerne la France, à vouloir accentuer à la fois la prise en charge sociale et le durcissement pénal. Mais globalement, elle expérimente sur son territoire nombre de méthodes venues d’outre-Atlantique, sans même se demander si le terreau culturel est aproprié ou si ces mesures répondent à une idéologie acceptable. Par exemple, le durcissement des peines liées aux consommations de drogues douces a suivi un chemin parallèle d’un bord à l’autre de l’Atlantique. Le système policier européen s’est aussi empressé, sous prétexte de modernisation, de mettre en réseau toutes les bases de données liée à la délinquance. Une véritable « cartographie de l’exclusion » se met en place peu à peu, manière d’effectuer à l’aide de critères pseudo-scientifiques une typologie de la misère. Ce genre d’entreprise informatique de triage, personne ne peut aujourd’hui nous assurer de sa pertinence et de son usage strictement réservé à des fins de justice. Tout ceci s’apparente plutôt à la mise en place d’une stratégie pour le recyclage des « déchets sociaux ». C’est ici que le titre de l’ouvrage prend tout son sens: la finalité première n’est plus la sécurité et la réinsertion, mais l’enfermement de la misère.

Il est temps que le tapage médiatique autour de la violence et l’incivilité de la jeunesse cesse de nourrir de fausses théories sur la soi-disant efficacité de la tolérance-zéro. Si nous n’en sommes pas à confondre tolérance et laxisme, nous ne devrions pas non plus en arriver à associer ordre et intolérance. Sinon, c’est une utopie étrange qui menace: celle d’un monde propre, discipliné, consommateur. Or tout ceci ne devrait pas être pris comme fin ultime, mais seulement comme moyen vers une autre utopie, plus belle et plus juste : celle d’une société sans prisons.

Au plus près du réel - Gao, Xingjian

Toute une montagne…

Le discours du prix Nobel de littérature était déjà un peu décevant, quoique sincère. Mais cet entretien avec Denis Bourgeois, touchant de tout et de n’importe quoi, confine presque à la futilité. On y sent certes une dyssymétrie entre un créateur d’expérience et un théoricien flambeur, entre une écriture vivante et de vaines digressions, mais le tout se ressent de ce déséquilibre, aboutissant malgré quelques efforts de rhétorique à un livre bancal.

Le titre du livre en reflète bien le leitmotiv: revenir au réel. Il ne s’agit pas d’une défense du réalisme académique, mais d’un témoignage relatif à l’expérience de l’écriture. Ecrire c’est se sentir vivre, au coeur du réel. Les deux écrivains partagent cette conviction et la parcourent de long en large, avec plus ou moins de lourdeur. Mais sous prétexte de ne jamais faire de théorie littéraire - le terme de “littérature” étant lui-même, de façon péremptoire, jugé inadéquat - la question du rapport entre écriture et réalité reste abordée de manière très fuyante.

Des géants dans le néant

D’une manière générale, cet entretien glisse sur de nombreuses questions (de la réalité socio-politique à l’intimité de la création artistique), mais toutes ces interrogations s’évanouissent dès qu’une tentative de réponse est faite. Les deux egos qui s’entretiennent, opérants comme deux tourbillons géants, digèrent tous les problèmes et obligent à en revenir toujours à l’expérience singulière de chacun. Cette manière de faire a l’avantage de forcer les interlocuteurs à une certaine lucidité sur leur manière d’écrire, mais elle finit aussi parfois par enfermer dans un discours narcissique tout fait, qu’on s’excuse discrètement de prononcer en affirmant que cette vanité est le propre de l’écriture…

Le maître et le bon élève

Les deux écrivains ne sont pourtant pas à mettre sur le même plan, et deux profils se dégagent nettement. On sent chez Gao Xingjian un réel plaisir gratuit de l’écriture, une attention très fine à tous les aspects de l’écriture, un scrupule permanent quand à l’intégrité de la liberté d’expression. Toute une concentration qui crée autour de ses discours une atmosphère d’extrème lucidité. La possibilité de s’exprimer dans différentes formes artistiques (de la peinture à la dramaturgie) lui donne une aisance indiscutable dans sa manière de rapporter la vie à l’art, via l’imagination. Chez Denis Bourgeois, il y a certes un plaisir omniprésent d’écrire, mais ce plaisir tourne souvent à l’arbitraire. En outre, s’il revendique constamment la mise à l’écart de toute idée et de toute théorie, on sent un jeu avec des références universitaires devenues classiques, mimant la nouveauté dans l’interprétation, simulant la modernité dans l’exécution, manière quelque peu fanfaronne de tourner en rond. On pourrait presque faire un bêtisier de toutes les platitudes qui sont ici déployées sous le signe de la révélation.

L’expérience du bide ?

Cet entretien manque de contradiction entre les interlocuteurs. Il y a ça et là quelques idées intéressantes concernant la manière d’aborder la création, et la difficulté qu’il y a à assumer son rôle d’artiste, mais les deux discours se font face dans un parallélisme un peu monotone. Il est souvent question de la jouissance d’écrire, mais cette jouissance devient presque impudique tant elle est peu partagée dans l’acte de lire.